Votre Projet

A l’initiative de quelques planteurs betteraviers wallons, soucieux de pérenniser la rentabilité de la culture betteravière en Belgique, un groupe de travail étudie depuis plus d’un an la faisabilité de la construction et de l’exploitation d’une nouvelle sucrerie à Seneffe. Ils sont convaincus que la période d’incertitude qui résulte de l’abolition des quotas pourrait se transformer en fenêtre d’opportunité. Une nouvelle usine qui traite 14 000 tonnes de betteraves par jour ne mobiliserait que la moitié des surfaces abandonnées par la culture betteravière depuis le début des années 2000.

Contexte

L’abolition des quotas au 1er octobre 2017 transforme considérablement la filière sucre en Europe, et s'est traduit par :

  • Une augmentation des volumes produits en Europe, de l’ordre de 25% pour la campagne qui a démarré mi-septembre 2017 et s'est terminée en janvier 2018, du fait de l’augmentation des emblavements et d’une année particulièrement favorable;
  • Un prix du sucre plus volatile (avec une éventuelle convergence des cours mondiaux et européens), et dont la tendance actuelle est à la baisse puisqu’on prévoit un excédent de production en Europe après deux années de déficit;
  • Une concurrence commerciale plus vive entre les sucriers, sur leurs marchés domestiques et d’exportation, qui est d’actualité aujourd’hui;
  • Une mise sous pression inédite des rapports entre planteurs et sucriers.

Une opportunité pour l’agriculture et l’économie belges

Dans le contexte d’une augmentation de la production de sucre en Europe, la Belgique dispose de deux atouts majeurs : son potentiel agronomique et sa localisation idéale tant vis-à-vis des gros clients industriels que des facilités d’exportation au départ d’Anvers, plaque tournante du stockage et du transport international de sucre. La qualité de la production betteravière belge est telle que certains industriels sucriers européens voisins entament un programme d’approvisionnement en betteraves belges de leurs usines frontalières. L’intérêt de la filière sucrière belge réside notamment dans la transformation de toutes les betteraves produites en Belgique dans des usines belges.

Une localisation idéale

En concertation avec IDEA, Intercommunale de développement économique du Cœur de Hainaut, le zoning industriel de Feluy, situé sur la commune de Seneffe, a été choisi. Celui-ci présente une situation  favorable sur plusieurs aspects :

  • Il offre 14 ha pour l’usine et 10 ha adjacents pour les bassins de décantation, le tout en zone industrielle ;
  • Il se trouve à proximité immédiate de la canalisation Fluxys de gaz à haute pression, qui est nécessaire pour l’optimisation énergétique de la sucrerie ;
  • Il bénéficie d'une accessibilité est plus directe.

Des emplois directs et indirects

Ce projet concerne environ 90 emplois en équivalent temps plein, soit environ 70 emplois permanents plus les équipes saisonnières de campagne. Les emplois indirects seront 3 à 4 fois plus importants en équivalent temps plein (planteurs, transporteurs et sous-traitants).

Une structure coopérative, modèle dominant en Europe

En Europe, les coopératives de planteurs, pures ou mixtes avec une majorité de planteurs, comptent pour environ deux tiers de la production de sucre. Par le biais d’une structure coopérative qui contrôle l’outil industriel, les planteurs poursuivent l’objectif d’intégrer le bénéfice de la transformation de betteraves en sucre dans le prix d’achat des betteraves.

Le modèle sociétaire retenu pour ce projet est donc une coopérative, dont la majorité du capital sera détenue par les betteraviers fournisseurs. La Coopérative des Betteraviers Transformateurs SCRL (CoBT) a été constituée à cet effet en mars 2018. Pour plus d'informations sur cette société, cliquez-ici.

Un investissement conséquent

L’investissement total pour la réalisation de la sucrerie a été estimé à environ 329 mios € dont 100 mios € de fonds propres (parts A, B, S et F), 220 mios € d’emprunts bancaires et une dizaine de millions d'euros de subsides à l’investissement et à l’utilisation durable de l’énergie. Pour assurer leur contrôle majoritaire de l’outil, la majorité du capital devrait être apportés par les planteurs (sous la forme des parts A et B, et confortée par les parts S). Un investissement de 30 €/t  leur serait demandé. Le solde serait détenu par d’autres actionnaires, à titre dominant des actionnaires publics tels que la SRIW, et à titre très minoritaire par l’un ou l’autre partenaire industriel qui apporterait une valeur stratégique au projet. A moyen terme, il serait envisagé que la coopérative rachète les parts des actionnaires publics, ce qui lui permettrait de renforcer son contrôle.