Une production de betteraves bio

Avec un intérêt toujours plus poussé pour l’agriculture raisonnée, la filière bio de la culture et de la transformation de la betterave constitue un véritable enjeu écologique et économique pour le planteur et pour l’industriel.

Le planteur doit faire face à de nouveaux coûts de production engendrés premièrement par le désherbage manuel dû à l'interdiction d'herbicides et deuxièmement par une perte de rendement dû à l'arrachage précoce que lui demanderait l’industriel pour transformer les betteraves bio avant la campagne conventionnelle. L’arrachage tardif pour un traitement en fin de campagne ne semble pas envisageable car les betteraves bio sont moins bien protégées en cas de maladies qui surviennent généralement en fin de période de croissance.

L'industriel, quand à lui, ne bénéficie pas à l'heure actuelle d'un approvisionnement suffisament important par rapport aux dimensions de son outil industriel. De plus, la mise en place d'une production de sucre biologique coinjointement avec une production conventionnelle, entraîne une perte de deux jours de production, due à la contamination du process par les betteraves conventionnelles, introduites après les betteraves bio (suite aux normes européennes sur la production biologique). Alternativement, un nettoyage de la chaîne de production devrait être planifié en cas de transformation des betteraves biologiques succédant aux betteraves conventionnelles.

Malgré ces contraintes, la CoBT envisage de produire du sucre bio et a donc chargé le bureau d’ingénieurs DSEC de prévoir la possibilité d'arrêter l’usine et de la nettoyer rapidement en cours de campagne pour transformer les betteraves bio au moment idéal en terme de rendement (début octobre). Il est d’ailleurs prévu que l’usine accueille un silo de stockage de sucre bio.